Lost in translation

Se perdre dans une ville est l’un de les exercices préférés.
Écouter, regarder, sentir, vibrer, laisser la ville me pénétrer me l’approprier…
Dès après une douche réparatrice, je me jette donc dans le trafic et erre. Un plan en poche, quand même, et une vague idée d’où je vais, vers la cathédrale.
Le ballet des vespas est sans aucun conteste ce qui définit le mieux Saigon. Ici, sous la moiteur des 30 degrés ambiants et alors que la mousson me fait le plaisir d’une trêve depuis mon arrivée, le climat est idéal pour les 2 roues. Je m’arrête un instant pour regarder défiler en tous sens les véhicules bigarrés et les acrobatiques montages de leurs passagers, qui peuvent être jusqu’à quatre.
Une odeur acre me prend à la gorge alors que j’arrive à l’ancienne poste. Fut-il séché, le poisson n’a rien perdu de sa puissance olfactive. Je fuis le marchand ambulant qui les exposé pour m’engager sur un boulevard.

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Les gens, lascifs est assis ou couchés sur tout ce qu’ils peuvent, essaient de résister à une chaleur moite qui aurait raison du cœur à l’ouvrage du plus volontaire de nos Flamands. Des gens, partout, d’échoppes de fortune posées à même le trottoir à d’improbables salles de jeux de dés en plein air. La vie est à l’extérieur.

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Je m’engage dans une rue parallèle à celle que je suivais, histoire de varier les plaisirs sur le chemin du retour.
Las, parallèle, elle ne l’est que fort peu… Au 3ème tournant qui m’emmène plus loin de ma destination, je me décidé à faire demi-tour.
Où me suis-je trompée, ce faisant, le nez sans doute trop en l’air à regarder les choses et les gens? Je ne le sais. Le crépuscule a tellement changé le visage de cette cité où je n’ai pas encore eu le temps de prendre mes marques… J’ai trop rêvé, trop photographié, trop empli mes yeux des mille et uns détails de ce que je croisais, pour avoir une vue d’ensemble, cartographique, pratique.
Je retourne donc sur mes pas, et… En fait, non.
Pourtant, je sens intuitivement que je tourne autour de l’hôtel.
Frustration.
J’aime pas trop beaucoup ça. J’aime bien quand je suis un peu plus moins perdue…
Je sors la carte du coin.
Je tournicote un peu, un type m’interpelle. Il refait le monde avec 3-4 potes, assis sur le bord du trottoir. Il le fait signe d’approcher en me parlant l’Etranger, je pige que dalle.
Je le regarde, l’air dubitatif. Il me fait signe d’approcher, en me parlant l’Etranger. Je pige que dalle.
J’obtempère, néanmoins.
Il me sort le smartphone appli lampe de poche, jette un coup d’œil à la carte. Je lui montre où je dois aller.
Il sourit et m’indique la rue d’en face. Effectivement, j’étais à coté. Je le remercie comme s’il l’avait sauvé la vie, tout le monde acquiesce et sourit. Sont vraiment trop gentils, ici!
Home sweet fucking hôtel. Je serai à peine en retard pour l’apéro!

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