Bonne pour le service ?!

D’abord, il y a eu la prise de sang. Parce que, déjà, si le groupe sanguin n’est pas le même, on ne peut pas envisager la greffe.

Puis s’égrainera une longue série d’examens, tous éliminatoires. Genre tu passes le concours du meilleur foie de l’année.

Soit.

On va d’abord en faire un, donc, ne fut-ce que pour déterminer si ça vaut la peine de rencontrer le Professeur bruxellois qui statuera sur notre cas. Une échographie.

J’ai peur.

Non, pas de l’examen en soi.

Du résultat.

Ben oui : c’est là que je regrette un peu toutes mes guindailles. Cette adolescence mentale que j’étire à loisir et sur laquelle le temps n’a pas prise. Oh, de gentilles guindailles hein, je n’ai jamais nagé en brasse coulée sur la carpette chez les copains, ni vomi… ah si, j’ai vomi, une fois… Bon. Mais à part deux ou trois soirées mémorables, je n’ai jamais « trop » exagéré… enfin, je crois… Mon truc, c’est la musique, les concerts. Le cinéma, le théâtre, aussi. Et faire, défaire et refaire le monde jusqu’à pas d’heure avec des amis. Boire un verre, ça va avec, mais ça n’est pas la substance de mes soirées. J’aime profiter, certes. Mais profiter, pour moi, c’est apprendre, découvrir, partager, ressentir… tout le contraire de perdre le sens, le contrôle et la conscience pour un état semi végétatif.

Pour autant, j’espère que ça ne sera pas écrit en trop grand ni en trop profond dans ma chair, ma propension naturelle à l’épicurisme légèrement arrosé.

Que ça ne va pas me déclasser d’office, direct, sans négociation.

Que les chances de Papa ne vont pas s’effondrer à cause de mon inconséquence. Ah, si on savait tout !

Je fais des cauchemars éthyliques toute la semaine d’avant. Je revois passer le film de ma vie en verres. Ca fait quand même beaucoup, au final. Je m’sens pas bien.

Le jour-J, j’ai un mauvais pressentiment. A force d’avoir gambergé, j’ai réussi à me persuader que mon foie n’est plus sain, qu’on ne pourra pas l’utiliser pour la greffe, qu’il ne reprendrait pas une fois réimplanté, etc.

Je laisse l’infirmier m’appliquer le gel tout froid (presque) sans tressaillir. Je me suis promis de rester stoïque quel que soit le verdict.

Il passe la caméra, regarde des images pour moi bien peu parlantes, et me dit, tout sourire : « Et bien vous avez un magnifique foie ! C’est parti pour la grande aventure, alors ! »

Je suis si surprise que j’hésite à le faire répéter.
Ouaip. C’est parti… Je suis bonne pour le service.

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