C’est une question de mental

« Pas de nouvelles? »

« Toujours pas de nouvelles? »

« Ils avaient dit jeudi ou vendredi… c’est bizarre, non, qu’on passe le weekend sans avoir reçu d’infos? »

Je n’ai jamais été une grande menteuse. Et là, j’ai beau faire appel à la petite fille que j’ai été, au conte « Pinochio », au bout de trois jours, je suis à court d’idées. Que puis-je encore dire à Papa que je n’aie déjà dit pour essayer de noyer le poisson quant à la mauvaise taille de mes lobes ?

Après moult hésitations, je lui relate le problème.

En insistant bien sur le fait que, si mon foie devait être jugé définitivement incompatible, il serait en tête de liste pour un don traditionnel.

Mais il a lu comme moi la brochure narrant le parcours du combattant du candidat à la greffe traditionnelle : valises prêtes pour se mettre en route à tout moment, appels de jour ou de nuit, stress et état d’urgence, mesures, avec, à la clé, parfois un retour à la maison parce que l’organe pressenti ne s’avère finalement pas compatible… et cela ne le rassure pas.

Il sait mieux que personne que son temps est compté.

Je le voit se liquéfier.

Je l’abandonne à contrecoeur, ce soir-là. Je sens que je lui ai coupé les ailes, avec ma mauvaise nouvelle.

Le suite me le confirmera.

Durant la semaine, il fera syncope sur syncope. Au bout du rouleau.

Il a lâché prise…

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