Le premier repas

Il fait sombre. J’entends plein de bip bip. Il y a une horloge, en face de moi. Je la vois mais n’arrive pas à distinguer quelle heure il est… Ah oui, normal : je n’ai pas mes lentilles de contact !

J’ai l’impression d’avoir aidé un pote à déménager. J’ai mal partout.

Pourtant, au dirait qu’au fil des minutes, mon corps se réchauffe. Les muscles se détendent et, s’ils sont encore un peu endoloris, ils ne me font plus souffrir que quand je bouge. J’ai l’impression d’avoir une bronchite. J’ai un peu mal à… mais oui, c’est logique ! Je me souviens, à présent. Je sais où je suis, pourquoi je suis là.

Je n’ai pas le temps de m’inquiéter de Papa que la porte coulissante s’ouvre sur la coordinatrice et… d’autres gens. Tout sourire. Ca s’est bien passé.

Oh, bien sûr, il y a eu de petits imprévus. Comme cette veine qui se divisait en deux chez moi et qu’il a fallu fixer sur un bout unique chez Papa… Nous avons donc passé respectivement 11 et 17h en salle d’op. Il est dans le box d’à côté.

J’ai faim.

Ca, ça achève de me rassurer ! Tout est rentré dans l’ordre. Je souris intérieurement. C’est vraiment moi…

Je demande si j’ai le droit de manger ou si la prudence recommande d’attendre. On me répond que si je sens que je peux, il n’y a pas de contrindication.

Un petit quart d’heure plus tard, Madame était servie !

J’ai tout mangé.

Et j’ai tout vomi.

Parce qu’évidemment, mon système digestif n’était pas tout à fait réveillé et n’a pas apprécié cette sollicitation durant son réveil.

Bravo. Du tout grand moi.

La gourmandise est vraiment la petite faiblesse qui me perdra…

Toutefois, puisque ça a l’air d’aller et que je semble remise de mon petit excès d’appétit, je vais pouvoir quitter les soins intensifs et regagner notre chambre. Papa, lui, va devoir rester encore un peu. Il me rejoindra dans un ou deux jours.

On sort mon lit du box… et on fait un crochet par celui de Papa. Cette équipe de soins est vraiment formidable. Compréhensive et humaine. Je n’ai jamais été si heureuse d’entendre la voix de Papa. De le voir. De lui prendre les mains.

On accroche partout en ressortant mon lit du box. On rit.

Je finis la nuit dans une paix que je n’avais plus ressentie depuis des mois.

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