Back to life, back to reality

Cette fois, c’est sûr : je rentre à la maison.

Pour le coup, mon sac est déjà prêt avant que ne retentisse le premier « bardaff » de la journée.

Aujourd’hui, je me fous que la stagiaire cherche ma veine : c’est la dernière fois.

Je ris à la disparition de mon plateau de petit déj’ pendant que j’étais à l’échographie : c’est la dernière fois.

La visite des quinze internes : la dernière fois !

Evidemment, le personnel infirmier, c’est la dernière fois également, que je le vois défiler dans ma chambre. Ca, c’est dommage : on riait bien.

La piqûre anti phlébite aussi, c’est la dernière fois qu’on me la fait : après une petite démo, on m’explique qu’il va falloir que je me la fasse toute seule.

Puis viennent les autres recommandations inhérentes au retour à l’autonomie : ne pas soulever du lourd, bien penser à utiliser la technique de la kiné pour se lever sans tirer sur ses abdos, etc.

Tout à coup, je suis moins pressée de rentrer…

Je descends voir Papa une dernière fois. Une amie m’attend déjà pour m’embarquer. Elle porte mon sac, dont le poids dépasse la limite que je peux soulever.

Il ne me faut que quelques kilomètres pour mesurer combien les autoroutes de Wallonie sont mauvaises. A chaque bosse, à chaque nid de poule, je sens mes viscères changer de place dans mes entrailles. Ces secousses permanentes me donnent la nausée.

En franchissant la porte, j’ai une impression bizarre de terre à la fois connue et inconnue, un peu comme si c’était la première fois que je venais là mais que j’avais déjà vu le lieu en rêve.

Dix jours à peine se sont écoulés depuis mon départ pour la Clinique et pourtant, j’ai une impression d’éternité.

Il faut que je me réapproprie les lieux. Mais je ferai ça plus tard : je suis épuisée.

Je m’affaisse dans le sofa et on papote.

Je propose un thé à mon amie. Voulant joindre le geste à la parole, j’esquisse un lever… mais reste vissée au fauteuil.

Pas moyen d’en sortir.

Ca tire, ça coince, ça bloque.

A force de me tortiller, je me retrouve à couler comme un camembert sur le tapis du salon. Me voilà bien avancée ! Clouée au sol, à présent.

J’essaie d’arrêter de rire – bêtement – de la situation avec mon amie pour me concentrer sur cette fameuse technique de lever de la kiné… se mettre en position latérale, poser sa main à plat, pousser… ouf : ça y est, je suis debout !

Je me dirige vers la cuisine, pour prendre une tasse dans l’armoire du haut… aïe, ça tire ! C’est trop haut… je n’y accède pas…

pas grave : je vais demander à mon amie. Pendant ce temps-là, je vais pendre la théière en fonte, dans l’armoire du bas… mais aïe ! C’est trop bas… et trop lourd… je n’arrive pas à me redresser.

Je demande donc à mon amie de m’avancer les objets ad hoc, et m’interroge sur la façon la plus efficace de la convaincre. « Dis… tu ne voudrais pas rester ici quinze jours ? Parce que seule, je ne m’en sortirai jamais ! »

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