Rongé de l’intérieur

« Bah, j’ai 69 ans, presque 70… de toute façon, on ne va plus vivre cent ans, hein… »

Calme.

Résigné.

Comment fait-on, pour le prendre comme ça ???

Est-il seulement possible de s’habituer à l’idée ? A mesure que l’on souffre, à mesure que l’on morfle, à mesure que les nuits passent… parce qu’on ne peut rester des années sans dormir, qu’elles ne peuvent pas toutes être blanches, ces nuits, avant que ne tombe le rideau noir ?

Comment fait-on, pour vivre avec ça ?

Avec une conscience si forte que l’on va mourir. Que c’est inéluctable. Que l’échéance est à la porte.

Avec ces gifles verbales que les médecins assènent. Parce que c’est comme ça. Que c’est leur métier. Qu’ils font ça toute la journée. Que « ça ne sert à rien de mentir ».

Avec la souffrance. Les épreuves. La chair rongée. Les os cassés. Tomber. Se relever. Et retomber.

Comment fait-on, pour continuer à vivre, avec cet alien malfaisant qui grandit à l’intérieur de soi. Qui nous mange. Qui se sert de notre énergie pour se déployer et sucer jusqu’à la dernière goutte notre substantifique moelle?

Pour profiter encore de la vie. Pour rire. Sourire. Se réjouir de ce que sera demain.

Et mentir à sa fille au téléphone…

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