Maux d’emploi

Maux d’emploi

Et, un matin, c’est le drame.

Je ne l’ai pas vu venir.

Rien ne le laissait présager.

Aucun signe de faiblesse n’était apparu.

Saleté d’obsolescence programmée !

Ce matin : pas de café.

La machine refuse obstinément de s’allumer.

Sans ma came indispensable, même en vacances, je peine à démarrer.

Je me traîne dans la salle-de-bain, histoire de noyer mon chagrin sous des litres d’eau chaude.

Je saute dans un jean, un T-shirt, et hop : direction la chaîne de magasins d’électro.

Si je peux encaisser le choc de la perte de la machine un jour, le 2e matin sans kawa risque de me faire tomber dans une grave dépression !!

La clim ‘ qui tombe à donf dès les portes coulissantes a directement raison du peu d’énergie que la douche m’avait procurée.

Face à moi, un rayon tout plein de machines à café. La paradis.

Non, l’enfer, en fait.

Laquelle prendre ???

machine café

L’une fait un petit ou un grand café et y’a des tas de goûts différents, genre pour les spécialistes. Genre y’a des cafés millésimés. Enfermés dans des capsules métalliques qui doivent coûter la peau des fesses à fabriquer (ce que confirme l’étiquette sous la boîte) et être une plaie à recycler. Y’a au moins 7 modèles de ce truc, avec du chrome qui brille, comme sur les motos.

L’autre fait tout un tas de trucs différents : latte, caramel, et même du cacao et du thé. Ah : ça fait quand même aussi du café. Y’a aussi 4-5 modèles, aux courbes ovoïdales qui rendent l’objet un peu sympathique, voire humanoïde.

Puis y’a…

–  « Bonjour, vous connaissez la promotion ? »

Un vendeur me tire de ma réflexion comparative des avantages et inconvénient de chaque engin

– « Heu, non ».

– « Et bien c’est simple. Enfin… Bon voilà : certaines machines à café sont en promotion. Vous trouverez les petites étiquettes à côté »

Et d’accompagner la parole du geste : il va pêcher un petit portant à étiquettes promotionnelles planquée derrière l’une des cafetières.

– « Pour en bénéficier, il suffit de découper l’étiquette du code barres. Pas celui-là (il montre le code barre sur la boîte) mais le gros, ici, sur l’étiquette blanche. Ensuite vous remplissez le petit bon, vous le renvoyez à l’adresse indiquée – en tout petit, là… oui c’est petit, hein – avec un RIB, et vous aurez 10% sur la machine. Ca vous coûtera évidemment le prix d’un timbre».

Je me marre doucement à l’idée que non seulement il faut être ingénieur en machinerie à liquides pour choisir un appareil en comprenant ce qu’on achète, mais qu’en plus il s’agit d’être aussi doctorant en sciences économiques du remboursement pour suivre la procédure sans se tromper ni rien oublier.

Je lâche : « Un RIB ? Et mon carnet de vaccination en ordre, aussi ? »

Il rit pas. Les vendeurs n’ont pas d’humour.

Il toussote et enchaîne : « ahem… oui, bon… enfin, il faut aussi quand même compter 2 mois pour être remboursé ».

Je le regarde et souris. Le remercie et m’éclipse. Sans rien acheter.

Trop compliqué.

En rentrant, je fouille les fonds d’armoire et déterre un percolateur. Un bon vieux percolateur. Qui fait du café. C’est tout ce que je demande à ce genre de machine. Je suis EN VACANCES !

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